Les associations de l’industrie du sciage et du bois d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse demandent des ajustements de cap
Les entreprises de l’industrie du sciage et du bois sont actuellement confrontées à une baisse sensible des volumes de bois disponibles. « Nos entreprises dépendent d’un approvisionnement continu en bois d’origine nationale. Sans une mobilisation ciblée de la ressource, les chaînes de valeur ainsi que l’emploi dans les régions sont mis sous pression, et la transformation forestière indispensable est freinée », explique le Dr Stephan Lang, président de la Fédération allemande de l’industrie du sciage et du bois (DeSH).
Outre des disponibilités régionales limitées en matières premières, des débouchés restreints ont également un impact négatif sur l’utilisation des capacités existantes. « La crise du bâtiment a fortement marqué l’Europe centrale et notre branche au cours des quatre dernières années. La performance économique de l’industrie du sciage dépend des revenus que nous pouvons réaliser sur le marché », souligne Markus Schmölzer, président de l’industrie autrichienne du sciage. « Nous espérons que le point bas est désormais dépassé et que le matériau bois pourra faire valoir ses atouts. Compte tenu de la hausse des coûts de l’énergie, des matières premières et du personnel, il est toutefois encore trop tôt pour faire preuve d’optimisme. »
Les obstacles réglementaires freinent la mobilisation du bois et la transformation des forêts
Les exigences et restrictions prévues par le règlement européen sur la restauration de la nature (RRN) aggravent encore la situation économique déjà difficile et vont à l’encontre de la mobilisation nécessaire du bois. « Le RRN repose sur une approche statique et méconnaît la dynamique du changement climatique et ses effets sur nos forêts », critique le Dr Lang. « Or, ce sont précisément les années sans dommages forestiers majeurs qui sont déterminantes pour exploiter les forêts âgées et particulièrement vulnérables, réduire les risques et engager une transformation forestière active et anticipative », souligne-t-il en référence à la situation de nombreux propriétaires forestiers.
Concevoir des objectifs de puits LULUCF adaptés à la pratique
Au regard des décisions imminentes à Bruxelles, les associations d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse demandent en outre une définition réaliste et cohérente des objectifs de puits dans le secteur LULUCF. « La protection du climat nécessite des forêts gérées, stables et activement transformées », déclarent les trois associations. « L’utilisation du bois, la transformation des forêts et les puits de CO? ne doivent pas être opposés les uns aux autres. C’est la seule manière de garantir à long terme à la fois l’approvisionnement en bois, ressource renouvelable, et la protection du climat », conclut Michael Gautschi, directeur de l’association Industrie du bois Suisse.
Un partenariat solide entre l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse
La Fédération allemande de l’industrie du sciage et du bois (DeSH), l’Association professionnelle de l’industrie du bois d’Autriche et Industrie du bois Suisse misent sur un échange régulier et une coordination étroite afin de faire progresser ensemble, au niveau européen, les thèmes centraux de l’économie forestière et de la filière bois.
